film français de Frédéric Schoendoerffer avec Philippe Caubère, Benoît Magimel, Béatrice Dalle, Olivier Marchal, Mehdi Nebbou. Durée 1h47
À 52 ans, Claude Corti règne sur la pègre parisienne. Prostitution, vols de voitures, trafic de drogue, racket... rien ne se fait sans son assentiment. Son pouvoir, il l'a obtenu et le garde grâce à une violence qui fait trembler ses collègues et rivaux. Il aimerait se lier les services de Frank, la trentaine, efficace et débrouillard, mais celui-ci tient à sa liberté et à son indépendance. Ils sont proches et le vieux requin fait confiance au jeune loup. Puis Corti est arrêté, probablement trahi sans vraiment savoir par qui. En prison pour des mois, il s'inquiète pour son empire du crime qui, privé de chef, vacille peu à peu...
Comme dans Scènes de crime et Agents secrets ses précédent films, Frédéric Schoendoerffer ne s'embarrasse pas de fioritures. Très cru, son cinéma, sans jamais chercher à embellir les choses s'appuie toujours sur un fonds documentaire important. Dans Truands, c'est cette volonté de décrire au plus près le monde du grand banditisme qui justifie la violence de certaines scènes. Jamais gratuite ni stylisée, elle ne fait que servir le propos du film. De retour au cinéma, c'est Philippe Caubère qui incarne ici un parrain saisissant enfermé dans une spirale de brutalité et de peur. Face à lui, le cinéaste place une brochette de gueules, seconds couteaux du cinéma ici parfaitement crédibles en gangsters de toutes obédiences. Toujours à la lisière du documentaire et de la fiction, le cinéma de Schoendoerffer fait encore une fois mouche malgré un récit sans grande originalité, probablement parce que les truands qu'il filme ne le sont pas plus.
Sans emphase inutile, le réalisateur invite à une âpre plongée dans le monde sans pitié du banditisme moderne. Philippe Caubère en parrain colérique et brutal fait face à un Magimel implacable et peu loquace. Du cinéma de genre efficace mais à ne pas mettre sous tous les yeux.

