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AZUR ET ASMAR : "LA RENCONTRE ENTRE L'OCCIDENT ET LE MONDE MUSULMAN"

Michel Ocelot, le réalisateur d' « Azur et Asmar » sera présent le 24 novembre à Baillargues dans le cadre du Festival de cinéma d’animation. En Scènes l'avait interviewé il y a quelques semaines par rapport à son nouveau film d'animation.

En Scènes : Il y a une parenté entre « Azur et Asmar » et « Kirikou » ?
Michel Ocelot : Pas tant que cela. Peut-être la petite princesse est-elle une sorte de Kirikou en jupon mais c’est vraiment autre chose. C’est une histoire beaucoup plus générale.
Un sujet brûlant, actuel et qui me tient beaucoup à cœur sur la rencontre entre l’Occident et le monde musulman. Une façon de célébrer la civilisation islamique du Moyen-âge qui fut si brillante et à qui notre culture l’occidentale doit beaucoup. C’est l’un des maillons de celle-ci. Je voulais vraiment montrer cela. « Azur et Asmar » m’y aide merveilleusement.
Il fallait pour cela deux choses. Montrer un maximum de belles choses et le faire à une autre époque pour que les défenses du spectateur tombent, qu’il accepte de se laisser emporter par mon histoire.
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E.S. : Techniquement, le film est aussi une prouesse ?
M.O. : Il fallait que les lieux soient aussi complexes, aussi travaillés, aussi lumineux que ceux de mes rêves. Evidemment je me suis inspiré de lieux existants comme les grandes mosquées d’Istanbul pour la scène finale. Mais, j’y ai ajouté un nombre incroyable de petites mosaïques en stuc qui, toutes, brillent à chaque plan d’un reflet différent. C’est un travail énorme que l’on ne perçoit pas forcément mais il était important que tout cela vive.
A l’inverse, les personnages sont eux extrêmement simples, d’une ligne assez pure pour que l’ensemble puisse fonctionner.
Les animaux sont également une prouesse. La crinière du lion mais aussi chaque plume de l’oiseau qui est d’une couleur différente.

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E.S. : Et la 3D ?
M. O. :A l’inverse de Pixar ou des autres studios américains, je ne peux me permettre de gâcher. Cela coûte trop cher. Je sais donc exactement ce que je veux et je le fais. Rien n’est jeté, tout est prévu et le plus souvent je ne suis pas déçu par le résultat. On coupe à peine d’une ou deux secondes. Jamais plus.

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E.S. : Quelle est la réaction des enfants qui vous touche le plus ?
M.O. : Que je les intéresse sans me mettre à leur niveau. Vous savez un instituteur a très bien résumé cela en disant « Kirikou, le film où on ne va pas faire pipi ». C’est ce dont je suis le plus fier, je les intéresse avec mes histoires. A partir de là tout est possible.
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E.S. :Vos projets, maintenant ?
M.O. : J’ai eu une vie avant Kirikou. J’en ai déjà donné un petit échantillon avec « Princes et princesses » . Nous étions sept à travailler ensemble au lieu de deux cents mais je suis très fier de ce travail et il est important pour moi qu’on puisse le voir.
Je vais donc sortir, dans un an, un DVD qui reprendra trois courts-métrages que j’avais réalisés seulement avec du papier blanc, des napperons de pâtissier. C’est vraiment très beau et j’aimerais que les gens puissent réagir à cette expérience.
Plus tard, sur le modèles de « Princes et princesses », je sortirai un film, au cinéma, qui regroupera 6 contes et intitulé « Bergères et dragons ». J’en ai déjà quatre de prêts, il m’en reste deux à faire. Et puis, plus tard encore, j’aimerais faire un film d’animation qui célébrerait la civilisation française que j’aime également beaucoup. Cela se passerait à Paris, à la fin du XIXème siècle.

Propos recueillis par F.Launay

Rencontre et projection le 24 novembre à 18h30, salle Plan, rue des Ecoles à Baillargues. Tarif: 4 euro. Tél.04.67.87.33.05. Programme complet du festival sur http://festival.baillargues.free.fr/

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